Une filière d'immigration en Rouergue : les faiseurs de peigne du pays d'Olmes

Migrations

Écrit par Jean-Yves Bou et publié le 29 Jan 2017

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Au cours de mes recherches sur les migrations vers le Rouergue d’autres sujets du roi de France, je suis tombé sur le cas des migrants de la région pyrénéenne du pays d’Olmes et de ses alentours, aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le pays d’Olmes est au sud-est du département actuel de l’Ariège et à l’ouest des Pyrénées Orientales, c’est la région de Lavelanet, autrefois dans le diocèse de Mirepoix.

La base du C.G.A. nous fournit une vingtaine de noms de migrants venus de cette région, en particulier de Bélesta et de La Bastide-sur-l’Hers (autrefois La Bastide-du-Peyrat ou La Bastide-de-Congoust) ; plusieurs d’entre eux étaient qualifiés de faiseurs de peignes.

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En effet, dans cette région, la fabrication d’objets en buis, et en particulier les peignes, est attestée depuis le Moyen-âge, avec des cas d’exportation vers les Flandres au XVe siècle. Par ailleurs, les relevés de mentions de métiers dans les actes notariés de l’Hérault par Francis de Stordeur (en bas de la page) mentionnent des contrats de mariage à Beziers et Montpellier de ces pincheniers ou pencheniers ou faiseurs de peignes ou maîtres peigneurs de Bélesta entre 1617 et 1647, montrant leur mobilité.

Pour le sud du Rouergue, la première mention livrée par la base du C.G.A. est le mariage de Jérémie Clémens, maître faiseur de peignes de Bélesta, à Saint-Félix-de-Sorgues en 1645 ; il était certainement protestant, et les liens tissés entre Sud-Aveyron et pays d’Olmes sont sans doute aussi religieux. Après Jérémie Clément, on trouve :

Une autre provenance, liée par l’activité, la religion et les échanges, est celle du Mas d’Azil et de Camarade, un peu plus à l’ouest, dans le diocèse de Rieux.

Dans la base du C.G.A., les faiseurs de peignes, quelle que soit leur origine, sont concentrés à Millau et Saint-Affrique. Certains sont d’ascendance rouergate. En dehors de ces deux villes, on ne trouve quasiment que ceux qui sont cités ci-dessus, aucun à Rodez. Et outre les Rouergats et les Pyrénéens, on croise Louis Lefèvre de Paris, paroisse Saint-Jacques de la Boucherie, maître faiseur de pinhes, marié à Millau en 1666, et Jean Garrigues de Parisot en Rouergue, marié à Saint-Affrique en 1671.

Ainsi une filière d’immigration du pays d’Olmes vers la région de Saint-Affrique a prospéré avec diverses ramifications. Ajoutons que d’autres migrants du diocèse de Mirepoix se sont installés en Rouergue, la plupart originaires de la ville de Mirepoix et de Fanjaux (dans ce cas plutôt au XVIIIe siècle). Ils exerçaient des professions aussi diverses que compagnon bastier, maître peintre, marchand orfèvre, maître cuisinier, chirurgien, garçon maçon et marchand.

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